Média

Biogaz : en plein essor, la filière demande à l’État de continuer à la soutenir

vendredi, avril 2 2021

S’il n’est pas le fer de lance de la transition énergétique des prochaines années, le biogaz entend tout de même jouer son rôle, en vue d’une décarbonisation des transports notamment. Mais malgré un développement certain de la filière, les efforts à fournir en ce sens restent malheureusement insuffisants pour soutenir celui des autres énergies renouvelables.

De 26 sites de méthanisation en 2016 à 226 aujourd’hui

Le biogaz continue son essor : entre fin 2019 et fin 2020, c’est 1 TWh de plus qui a été injecté dans le réseau de gaz naturel fossile. Aussi, les capacités du parc sont passées de 2,1 TWh à la fin 2019 à 3,9 TWh, fin 2020. La France ne comptait que 26 sites de méthanisation en 2016 et 123 il y a 2 ans. Aujourd’hui, on en recense 226, dont les deux tiers sont agricoles.

Pour autant, Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) a manifesté son ambition : « On a des perspectives de développement ambitieuses. » Et pour cause : le secteur recense, à l’heure actuelle, plus de 1 100 projets.

Il ajoute également que l’« on entre dans une période un peu troublée avec une évolution du cadre économique réglementaire. Ces prochains mois vont être cruciaux pour le futur de la filière méthanisation en France. »

Un développement du biogaz encore trop poussif

Si cette augmentation est intéressante, elle reste néanmoins insuffisante, puisque le gaz vert ne représente que 0,5 % de la consommation gazière du pays. La filière s’interroge toutefois sur la capacité de la France à soutenir les projets de développement. 

Le SER, GRDF (distributeur de gaz), GRTgaz et Teréga (gestionnaires du réseau de transport) et le Syndicat des entreprises gazières municipales (Spegnn) demande que « de la visibilité sur le long terme doit être apportée pour soutenir la filière et conforter la mobilisation des financeurs. »

Fin 2020, l’État avait annoncé une réforme des garanties d’origine et un changement du cadre de soutien établi sur la taille des sites, tout en veillant à garantir un équilibre entre tarif d’achat révisé et appels d’offres.

GRDF demande, de son côté, des « dispositifs pour prendre le relais » envers et contre un soutien financier de l’État qui devrait s’étioler au fil des prochaines années. Son directeur général délégué, Frédéric Martin a déclaré qu’ : « aujourd’hui, on est capables, par la production et la capacité installée, d’alimenter 1 million de logements neufs. » Mais face à l’ampleur de la tache, il interpelle l’État : « Nous attendons un signal clair du gouvernement sur la capacité au-delà de 2024-25 de poursuivre cette dynamique. »

La programmation pluriannuel de l’énergie (PPE), sorte de feuille de route de la France et du gouvernement prévoit un objectif de 6 TWh pour 2023. Celui-ci a été revu à la baisse, en décalage avec ce qui est initialement prévu, à savoir 10 % de biogaz en 2030

Besoin d'aide avec une offre ou vous avez une question ?

Nous restons toujours disponibles pour vous aider, vous accompagner et répondre à vos questions, appelez-nous ou remplissez le formulaire

Appelez-nous au 0800 860 010